Comment mieux vivre le confinement lié au Corona Virus

COMMENT VIVRE AU MIEUX LE CONFINEMENT LIE AU COVID-19

 

Le Confinement est une chose que nous ne connaissons que de nom dans nos sociétés modernes. Nous avons entendu parler des confinements liés aux guerres, ou à certaines grandes pandémies du passé. Mais au 21ème siècle, dans un siècle où la technologie est un point fort, où la médecine montre des avancées importantes dans le traitement des maladies, nous ne pensions pas vivre une telle pandémie, et nous nous retrouvons confrontés à une épreuve inattendue.

Sans que nous y soyons vraiment préparés, nous voilà dans l’obligation de rester chez nous et de restreindre drastiquement nos libertés. Même si nous comprenons l’utilité d’une telle mesure, il se pourrait que, dans certains cas, les choses se compliquent au fur et à mesure que le temps va passer.

Ce que les professionnels de santé et de santé mentale craignent le plus sont :

  • L’augmentation de l’agressivité et des violences
  • L’augmentation des anti-dépresseurs et des anxiolytiques
  • L’augmentation de la prise de poids
  • Et, dans certains cas, un stress post-traumatique lié à l’enfermement, au stress induit par le risque de la contagion ou aux décès liés au Coronavirus.

Ici nous essayerons de voir comment gérer au mieux, le stress, et les angoisses liés à l’enferment et à la promiscuité qui pourraient intervenir pendant cette période de cloisonnement.

Dans un premier temps, certains d’entre vous pourraient prendre ce début de confinement comme une période de vacances, une période de ralentissement qui sera bénéfique. Cela pourra être l’occasion de faire un point sur votre vie, sur votre façon de vivre.

Mais surtout, cette période d’aisance dans le cloisonnement doit vous permettre de réfléchir à comment ré-organiser votre vie, car dans le cas probable où cette situation durerait, vous pourriez être touchés par de l’irritabilité, du stress ou des angoisses.

Même pour les personnes qui auraient du mal à vivre ce début de période, il faudra vous forcer à trouver une nouvelle organisation dans votre vie.

La première étape sera de faire le deuil (même temporaire) de votre vie et de vos habitudes.

Les habitudes et les rituels, sont des choses importantes pour nos vies, car elles nous cadrent, nous rassurent et nous sécurisent.

Mais dans la période qui nous intéresse, certaines de nos habitudes vont devoir changer du jour au lendemain et cela pourrait entrainer une déstabilisation.

Même s’il est important d’en changer certaines, d’autres habitudes ne doivent, pour autant, pas bouger.

Par exemple il important de se coucher et se lever aux mêmes heures qu’à l’habitude. Il est très important de garder un rythme circadien[i] de sommeil et d’éveil pour que notre corps garde ses habitudes. Un bon rythme de repos aidera à faire face aux difficultés, et pour les enfants ce rythme de repos les aidera à être moins grincheux.

Il est également important (et cela paraitra peut-être risible), de s’habiller tous les jours. Nous pouvons tous rester en pyjama toute une journée de temps à autre, mais le fait de s’habiller nous aide à garder un rythme et participe au fait de prendre soin de nous.

Pour ce qui est du travail : Pour les personnes en Télétravail il est important de garder vos horaires de travail. Il ne faudra surtout pas dépasser vos heures habituelles. Il est également recommandé de faire de vrais pauses déjeuner (au minimum 1h00), pour que vous puissiez vous décontracter et penser à autre chose.

Si vous êtes en famille, profitez du repas pour vous reconnecter. Si vous êtes seul(e) ou célibataire, organisez des visioconférences de groupe avec des amis ou de la famille, pour discuter. Regardez un épisode d’une série télé, ou lisez. Vous avez également la possibilité de jouer à ce que j’appelle « Le jeu du tout est possible ».

Ce jeu est très simple et peut se jouer seul ou à plusieurs et il fonctionne très bien avec les enfants. Le but est de faire fonctionner votre imagination en vous plaçant dans toutes les situations que vous souhaitez, même les plus improbables. Le bénéfice de faire fonctionner votre imagination sans entrave vous aidera à faire un break. Pour les enfants ces fonctions imaginatives les aident à acquérir les aptitudes sociales, à développer leur confiance personnelle, à stimuler leur croissance intellectuelle, à travailler leur habilité de la langue et à affronter leurs peurs. Et il n’y a pas de raison que cela diffère pour l’adulte.

Pour les personnes qui ne font pas de télétravail, mais qui, comme moi, ont du retard dans la gestion de leurs dossiers, n’hésitez pas à vous organiser un temps de travail de quelques heures par jour (mais pas toute la journée).

Les mêmes choses sont valables pour les enfants et les adolescents qui doivent continuer à travailler scolairement. Essayez peut-être de travailler quelques heures le matin, pour vous laisser une partie de l’après-midi pour des activités physiques et/ou ludiques.

Pour ce qui est de la nourriture : Le manque d’activités peut être un facteur d’ennui, donc certaines personnes pourraient avoir tendance à plus grignoter. Si vous grignotez pour palier l’ennui, je vous conseillerais d’appliquer ce que nous recommandons aux fumeurs, à savoir trouver un dérivatif, trouver une autre activité le temps que passe cette envie de grignoter.

Pour les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire, il va être important de rester fixé sur les repas de la journée, à savoir le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter et le diner. N’oubliez pas de rester attentifs à vos sensations de faim et de satiété. N’hésitez pas à essayer de comprendre ce qui déclenche l’envie de manger, pour essayer de combattre au mieux cette envie. Mais surtout dans le cas où vous céderiez aux compulsions alimentaires, ne vous culpabilisez pas. N’oubliez pas que nous sommes dans une période exceptionnelle, et que nous n’avons pas eu le temps de nous y préparer correctement. Donc il n’est pas impossible de voir la résurgence de certains comportements et qu’un retour en arrière puisse donc s’expliquer. N’hésitez pas noter vos ressentis, vos sentiments de réussite ou d’échec face aux compulsions, et n’hésitez pas à en parler au psychologue ou au médecin qui vous suit.

N’oubliez pas que les repas et leur préparation peuvent être des moments conviviaux, donc n’hésitez pas à inclure vos enfants dans leur préparation. Cela pourra vous servir d’activité sympathique pour eux et leur fera découvrir de nouvelles choses.

Pour ce qui est des activités : Ici toutes les activités sont bonnes à prendre. La seule chose qui s’impose c’est d’arriver à varier ces activités. La lecture, le visionnage de film ou de série, les jeux, l’exercice physique…

Nous avons tous des lectures ou des films en retard, n’hésitez pas à prendre le temps de rattraper ce retard. Avec toute la famille (ça fonctionne pour tous les âges), essayer d’organiser des temps de lecture. Cela permettra à toute la famille de se poser, et dans certains cas de retrouver un peu de calme.

Le but de ce confinement n’est pas de rester devant un écran toute la journée, mais si vous optez pour la télévision, c’est l’occasion de rassembler l’ensemble de la famille, pour que vous puissiez faire découvrir des films que vous regardiez quand vous aviez leur âge, ou qu’eux puissent vous faire découvrir des films ou séries qu’ils apprécient.

Si vous avez un jardin, surtout n’hésitez pas à l’utiliser. Sortez, faites de l’exercice, occupez-vous de son entretien avec ou sans les enfants.

Si vous vivez en appartement, utiliser votre balcon pour faire un peu d’exercice physique (corde à sauter, étirement, un peu de Yoga si celui-ci le permet). Et surtout ne vous préoccupez pas de savoir comment vos voisins réagiront en vous voyant faire quelques exercices. Cela pourrait être un bon exercice pour les personnes qui s’inquiètent un peu trop du regard d’autrui. Essayez d’investir votre balcon comme une pièce a part entière de votre appartement, pour y prendre un café, manger ou lire. Cela vous permettra de prendre l’air et de mieux profitez du beau temps.

Les tensions dans les familles seront inévitables, au cours de cette période. Il est important que vous puissiez faire retomber la pression. Quand les maisons ou les appartements sont grand(e)s, il n’y a pas de problème pour trouver une pièce pour s’isoler et se calmer. Quand les appartements sont petits, il est important de préciser dès le départ quelle pièce servira de « sas de décompression ».  La chambre pour les enfants, la chambre parentale quand celle-ci ne sert pas en même temps de bureau, ou tout autre pièce de votre choix. Ces pièces pourront également vous servir à vous isoler si vous avez besoin d’un moment de solitude.

Pour les parents : Déjà en temps normal, il ne faut pas que les parents souhaitent devenir des parents parfaits. Mais dans un cas si exceptionnel il faut vous attendre à ne pas tenir toutes les règles que vous vous êtes initialement fixées. Bien évidement cela ne veut pas dire lâcher l’éducation de vos enfants. Mais c’est accepter que vous ne teniez pas toutes vos exigences. Si vous laissez vos enfants un peu plus devant les écrans ce n’est pas grave, si vous vous énervez un peu plus ce n’est pas non plus forcément grave, apprenez à passer le relais à votre conjoint(e), ou à stopper l’activité pour faire redescendre la pression. N’oubliez pas que vous n’êtes ni professeur, ni institutrice(teur), donc si vous n’arrivez pas à expliquer les leçons ou les exercices ne vous inquiétez pas. N’allez pas vous rajouter un stress supplémentaire en exigeant trop de vous en tant que parent.

Pour ce qui est des tensions, du stress et des angoisses : L’une des choses les plus importantes à retenir au cours de cette période, est que quelque soit ce que vous vivez l’important est de pouvoir maintenir le dialogue. Si les tensions, stress et angoisses font leur apparition ou leur réapparition, il faut que vous puissiez en parler. En parler à votre conjoint(e), en parler à vos parents, en parler à votre entourage. Il faut que vous puissiez parler de ce qui vous inquiète pour pouvoir faire baisser la pression.

N’hésitez pas à organiser des visioconférences de groupe, pour passer un moment en famille, entre amis. Même si cela reste virtuel, cela vous aidera à vous rendre compte que vous n’êtes pas seul(e), qu’il y a toujours quelqu’un pour vous écouter.

Pour les personnes qui sont suivi par un psychologue, un psychiatre ou un médecin, voyez avec votre professionnel qu’elles sont ses modalités de consultations et de prise en charge. Si les rendez-vous physiques ne sont plus possibles, il y a de forte probabilité que des téléconsultations soient mises en place. Alors même si ces téléconsultations ne remplaceront jamais les bienfaits des consultations physiques, il ne faudra pas vous empêcher de les utiliser.


[i] Rythme circadien : Il s’agit d’un rythme qui se défini par l’alternance entre une période de veille, c’est-à-dire la période pendant laquelle nous sommes éveillés et le sommeil, c’est-à-dire la période pendant laquelle nous dormons. Ce rythme est d’environ 24h00 et peut varier d’une personne à une autre. Cette variation reste toutefois limitée à une ou deux heures.

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Toujours dans l'optique de vous aider à mieux gérer le confinement, je vous propose la lescture de diffrents articles traitant du même sujet.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/amiens/coronavirus-patricia-psychologue-confinement-c-est-deuil-il-faut-accepter-perdre-notre-vie-1803706.html

https://theconversation.com/psychologie-sept-strategies-pour-gerer-lanxiete-liee-au-coronavirus-133851

https://www.20minutes.fr/sante/2741963-20200317-coronavirus-consequences-epidemie-patients-suivis-psy

https://www.france24.com/fr/20200319-stress-post-traumatique-confusion-et-col%C3%A8re-les-effets-psychologiques-du-confinement

http://www.slate.fr/story/188640/routine-lutter-contre-anxiete-confinement-coronavirus-sante-mentale

https://sante.journaldesfemmes.fr/maladies/2623593-epidemie-coronavirus-psychose-effets-psychologiques-anxiete/

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